COP 27 : l’océan enfin à l’ordre du jour : Les Aires Marines Protégées (AMP) comme outil de l’action climatique

Dans un contexte géopolitique difficile, la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques - la COP 27 - a permis aux pays de prendre un ensemble de décisions qui réaffirment leur engagement à limiter l'augmentation de la température mondiale à 1,5 degré Celsius au-dessus des niveaux préindustriels. Cet ensemble de décisions a également renforcé les mesures prises par les pays pour s'adapter aux conséquences inévitables des changements climatiques, tout en favorisant le soutien financier, technologique et le renforcement des capacités dont ont besoin les pays en développement.
Pour la première fois, l’océan a été mis à l’ordre du jour lors de la COP27. En effet les aires marines protégées (AMP) peuvent contribuer de manière significative à l’atténuation et à l’adaptation au changement climatique. Elles peuvent améliorer la séquestration du carbone, la protection des côtes, la biodiversité, la capacité de reproduction des organismes marins, ainsi que les prises et les revenus des pêcheurs. La plupart de ces avantages ne sont obtenus que dans les AMP sous régime de protection forte ou intégrale.
Un rapport publié en amont de la COP27 et de la COP15 de la convention sur la diversité biologique (CDP) à Montréal, fruit de l’effort conjoint de scientifiques du CNRS, du Stockholm Résilience Center de l’Université de Stockholm et de la Plateforme Océan & Climat, aborde le manque de connaissances sur leur contribution à la lutte contre le changement climatique et présente 16 trajectoires écologiques et sociales par lesquelles les aires marines protégées pourraient contribuer à l’atténuation et à l’adaptation au changement climatique.
Allant dans ce sens, les États-Unis, le Royaume-Uni, la Norvège et les Pays-Bas se sont engagés à établir des « corridors de navigation écologiques », qui créeraient des routes maritimes entièrement décarbonisées (y compris les infrastructures terrestres et les navires eux-mêmes). L’industrie du transport maritime est responsable de 3 % des émissions totales de gaz à effet de serre dans le monde. Le Royaume-Uni et les États-Unis ont annoncé la création du groupe de travail sur les corridors maritimes écologiques pour faciliter les engagements de décarbonisation maritime.
Le nexus climat et eau devient évident …
Au cours de l’année qui a suivi la COP26, une série d’événements climatiques dévastateurs ont frappé les pays développés et en développement. Nous soulignons ici les problèmes de sécurité de l’eau qui ont particulièrement frappé l’Europe et les États-Unis cet été, ainsi que les inondations au Pakistan, mais cette liste n’est en aucun cas exhaustive. Les sécheresses et les vagues de chaleur ont été pernicieuses en Afrique subsaharienne, et les inondations et les sécheresses n’ont pas épargné la Chine non plus, sans oublier l’ouragan Ian qui a dévasté des pans entiers de la Floride. La sécurité de l’eau est devenue un problème majeur à l’échelle mondiale. L’Europe a été englobée par des vagues de chaleur meurtrières cet été, mettant à rude épreuve l’industrie et le secteur agricole. Déclenchée par la pire sécheresse en 500 ans, 45% de l’Europe était sous alerte de sécheresse à la mi-juillet. Les réservoirs à travers le continent étaient à faible capacité, de l’Espagne à la Norvège. Avec respectivement 40 % et 38 % des prélèvements d’eau en Europe, l’industrie et l’agriculture ont subi les effets du stress hydrique. De l’autre côté de l’Atlantique, les pénuries d’eau, principalement dans le sud-ouest des États-Unis, ont été particulièrement aiguës.