Perspectives des marchés obligataires nordiques
L’année 2020 restera gravée dans les annales en raison de la pandémie de la Covid-19, de ses effets dévastateurs sur l'économie mondiale et les implications politiques qu’elle a engendrées. Ses conséquences se feront encore sentir de nombreuses années, notamment sur l’évolution des dettes publiques, du commerce mondial, des chaînes d’approvisionnement et, potentiellement, sur notre façon de travailler et voyager.

Bien que la pandémie continue de sévir dans de nombreux pays, l’arrivée de vaccins suscite l’espoir qu’une grande partie du monde industrialisé puisse revenir à un semblant de normalité au cours de l’année à venir. Avant d’aborder les perspectives 2021 des marchés obligataires nordiques, il convient de revenir sur les éléments marquants de 2020.
Les marchés du crédit des pays nordiques en 2020
Le fixed income nordique a connu une année 2020 sans précédent. Une combinaison de facteurs a généré un écartement des spreads de crédit historique dans cette région du monde. En Norvège et en Suède, ils ont atteint des niveaux plus élevés que ceux enregistrés lors des précédentes crises. Rien qu’en Suède, 35 fonds obligataires ont été fermés aux rachats.
Spreads de crédit de banques norvégiennes:

Une situation qui contraste avec l’évolution des spreads au niveau mondial qui a été contenue par l’action rapide des banques centrales, afin d’éviter qu’ils n’atteignent des niveaux semblables à ceux observés durant la crise financière de 2008 ou, plus spécifiquement, celle de la dette en Europe en 2011.
Spreads de crédit US et EUR:

Alors que les principales banques centrales, dont la Fed et la BCE, disposent d’outils d’assouplissement quantitatif éprouvés (notamment de rachat de dette y compris corporate) qu’elles ont déployés rapidement pour atténuer les effets sur l’obligataire, cela n’a pas été le cas en Norvège et en Suède. La banque centrale suédoise avait un programme de QE bel et bien opérationnel mais qui n’incluait pas les obligations d’entreprise. Des retraits massifs des fonds obligataires suédois ont alors entraîné l’effondrement du marché. En juin, bien après le retour à la normale des spreads, la banque centrale suédoise a annoncé qu’elle procéderait à l’achat d’obligations corporate à compter de septembre. Certes, ce programme est relativement restreint (10 milliards de SEK), mais son objectif est d’établir une présence sur le marché du crédit afin d’être en mesure d’augmenter la teneur du programme en cas de nécessité. Ce faisant, elle cherche à combler les lacunes apparues en mars.


