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Isabelle Juillard Thompsen

Isabelle Juillard Thompsen

Isabelle Juillard Thompsen a rejoint DNB AM en 2021. Elle est diplômée de l’Ecole supérieure de commerce Bordeaux, et titulaire du CFA, d‘un MBA de la Pacific Lutheran University, d‘études en investissements durables de l‘Université de Columbia. Elle a démarré sa carrière en tant qu’analyste aux Etats Unis, avant d’atterrir en Norvège, où elle a occupé plusieurs postes d’analyste et gérant chez NBIM, Storebrand et Gjensidige.

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L’industrie textile emploie 60 à 70 millions de personnes et représente une valeur d’environ 2 400 milliards de dollars. Selon le WWF, le coton est le produit non alimentaire le plus utilisé au monde, alimentant plus de 250 millions de personnes et employant 7% des travailleurs dans les pays en développement.

Selon la World Resources Institute (WRI), on estime que 5 000 milliards de litres d’eau sont utilisés dans le processus de teinture, et environ 48 à 144 milliards de mètres carrés de déchets textiles finissent chaque année dans des décharges. Il faut jusqu’à 10 000 litres d’eau pour fabriquer une seule paire de jeans, et environ 2 500 litres pour faire une chemise en coton. Au total, ce secteur est responsable de 20% de la pollution de l’eau dans le monde, soit une quantité d’eau suffisante pour étancher la soif de 110 millions de personnes pour une année entière.

Dans le même temps, la gestion des déchets et l’économie circulaire sont devenues des enjeux majeurs puisque le volume total des déchets textiles a été multiplié par 8 depuis 1960. Or, 15% de ce volume seulement est recyclé, les 85% restants étant incinérés ou enfouis en décharge. En termes d’émissions de carbone, cette industrie est responsable d’environ 7% à 10% des émissions annuelles mondiales, soit plus que le total combiné des vols internationaux et du transport maritime. D’ici à 2030, ces émissions de gaz à effet de serre augmenteront de plus de 50%.

L’objectif de limiter la hausse de la température mondiale à 1,5 degré prévu dans les Accords de Paris exige que l’impact climatique soit proche de zéro d’ici à 2050, ce qui laisse peu ou pas de place aux émissions nettes de GES provenant de la production, du transport, du blanchiment ou de la gestion des déchets textiles. Par rapport à des secteurs tels que ceux des plastiques, du verre et des métaux, l’industrie textile a du retard dans sa transition vers une économie circulaire. Moins de 1% de tous les textiles dans le monde sont recyclés pour produire de nouveaux textiles. Le secteur doit désormais se concentrer davantage sur la durabilité.

Domaines clés pour réduire la pollution

Il existe plusieurs solutions pour réduire la pollution et développer une industrie textile plus écologique, nous les regroupons dans quatre domaines clés :

1) de nouveaux modèles économiques permettant de prolonger la durée de vie des vêtements.

2) de nouvelles technologies de production, telles que l’impression 3D.

3) de nouvelles technologies de recyclage des matériaux.

4) le développement des technologies de traçabilité.

En ce qui concerne les nouveaux modèles économiques visant à prolonger la durée de vie des vêtements, nous observons des concepts tels que la location / le leasing, la revente et le redesign. La demande pour de la seconde main a augmenté, notamment sur le segment des 20-30 ans. Étant donné que dans le cycle de vie d’un vêtement c’est la production qui genère l’impact le plus important sur le climat, ces modèles contribueront à une économie plus circulaire et donc à la réduction de la pollution. Selon les projections, les achats d’occasion devraient croître jusqu’à 1,5 fois plus que la fast fashion, en volume, d’ici à 2028. Un exemple de société de ce secteur est Thredup, une plateforme qui rend l’achat et la vente de vêtements de seconde main plus faciles et intelligents.

Les émissions de gaz à effet de serre provenant de l’industrie de la mode augmenteront de plus de 50% d’ici à 2030. L’une des façons de réduire cette pollution réside dans les nouvelles technologies de recyclage des matériaux. Tous les matériaux sur le marché devraient idéalement provenir de sources recyclées ou renouvelables, et il est impératif de développer et de déployer de nouvelles technologies de teinture textile réduisant la quantité d’eau consommée et de de produits chimiques utilisés.

D’ici à 2025, la directive sur les déchets du paquet « Économie circulaire » de l’UE devrait être pleinement mise en œuvre. Cette directive prévoit que tous les États membres de l’UE devront avoir adopté la collecte, le tri et le recyclage des textiles à cette date. Pour atteindre cet objectif, il faudra des étiquettes lisibles électroniquement pour permettre un tri et une traçabilité automatiques à grande vitesse, mais aussi de nouvelles technologies de production telles que la technologie de recyclage des textiles de Renewcells. Cette société suédoise applique une technologie de recyclage des textiles par laquelle elle dissout les matières premières sous forme de déchets textiles pour former une pâte qui est ensuite transformée en circulose. La circulose est en quelque sorte une grande feuille blanche à partir de laquelle les fabricants peuvent fabriquer de nouveaux tissus pour remplacer le coton fraîchement cueilli. La technologie de Renewcell est capable de recycler un même matériau 7 fois avant que sa qualité s’en trouve réduite.

Textiles fabriqués à partir de bois et de déchets : H&M et Adidas se joignent au mouvement

La société finlandaise Spinnova, par exemple, a développé une technologie révolutionnaire permettant de produire des fibres textiles à partir de bois ou de déchets sans les dissoudre ni utiliser des produits chimiques nocifs. Sa technologie est capable de traiter différentes matières premières telles que le bois, le cuir, les déchets agricoles et les déchets textiles pour produire des fibres et de nouveaux vêtements. Les émissions de CO2 de Spinnova sont inférieures de 40% à 65% à celles des solutions alternatives.

Au premier semestre 2021, H&M et Adidas ont rejoint le groupe de partenaires engagés de Spinnova. Le groupe H&M voit en Spinnova un grand potentiel pour relever plusieurs de ses défis en matière de développement durable. De même, The North Face s’est associé à Spinnnova et pourrait contribuer de manière importante à son entrée sur le marché.

Depuis le début, Spinnova a travaillé avec plusieurs entreprises de la distribution et de l’industrie manufacturière. Par exemple, avec la société norvégienne Bergans et la société britannique Hally Stevensons, qui totalisent plus de 150 ans d’expérience dans le coton ciré et les tissus imperméables. En introduisant des produits et des procédés plus durables, Spinnova fixe les normes de demain dans le secteur du textile, pour une industrie sans déchets, sans rejets secondaires et sans microplastiques, et avec des émissions de CO2 et une consommation d’eau réduites au minimum.

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